Toutes les entreprises du bâtiment ne rencontrent pas les mêmes problèmes.
Pourquoi ?
Parce qu’elles ne se situent pas au même niveau de maturité organisationnelle.
Un dirigeant qui pilote une entreprise de 3 personnes ne fait pas face aux mêmes enjeux qu’une organisation de 50 ou 100 collaborateurs.
Pourtant, beaucoup tentent d’appliquer des solutions qui correspondent au niveau supérieur sans avoir construit les fondations nécessaires.
Résultat :
- complexité inutile ;
- surcharge ;
- perte de rentabilité ;
- ralentissement de la croissance.
Comprendre le niveau de maturité de son entreprise permet de savoir quelles sont les prochaines priorités à traiter.
Niveau 1 : L’entreprise artisan
À ce stade, tout repose principalement sur le dirigeant.
Il est à la fois :
- commercial ;
- conducteur de travaux ;
- acheteur ;
- recruteur ;
- comptable ;
- gestionnaire.
L’activité fonctionne grâce à son énergie et à sa présence permanente.
Forces
- Réactivité.
- Proximité client.
- Décisions rapides.
Faiblesses
- Dépendance totale au dirigeant.
- Difficulté à prendre des congés.
- Peu de visibilité économique.
Risque principal
L’épuisement du dirigeant.
Niveau 2 : L’entreprise organisée autour des personnes
L’activité se développe.
Les premiers recrutements apparaissent.
Certains collaborateurs deviennent indispensables.
On entend souvent :
« Heureusement qu’il est là. »
« Lui seul sait faire. »
L’organisation commence à se structurer mais reste fortement dépendante de certaines personnes.
Forces
- Expertise forte.
- Mise en place de premiers relais.
- Capacité de croissance.
Faiblesses
- Connaissance peu partagée.
- Processus peu documentés.
- Dépendance aux individus clés.
Risque principal
Le départ ou l’absence d’une personne stratégique.
Niveau 3 : L’entreprise organisée autour des rôles
C’est souvent le premier grand palier de maturité.
Les responsabilités deviennent plus claires.
Les fonctions sont définies.
Les circuits de décision sont identifiés.
L’organisation ne repose plus uniquement sur des personnes mais sur des rôles.
Forces
- Meilleure continuité d’activité.
- Plus grande autonomie des équipes.
- Meilleure visibilité managériale.
Faiblesses
- Nécessité de formaliser davantage.
- Risque de retour à l’ancien fonctionnement.
Risque principal
Croire que l’organisation est terminée.
Niveau 4 : L’entreprise pilotée par les processus
Les activités critiques sont désormais standardisées.
Par exemple :
- réalisation des devis ;
- commandes ;
- achats ;
- préparation chantier ;
- facturation ;
- encaissements ;
- gestion des urgences.
Les résultats deviennent plus prévisibles.
La performance dépend moins des individus.
Forces
- Robustesse.
- Qualité homogène.
- Réduction des erreurs.
- Scalabilité.
Faiblesses
- Risque de complexité excessive si les processus deviennent trop nombreux.
Risque principal
Créer de la bureaucratie au lieu de créer de la simplicité.
Niveau 5 : L’entreprise pilotée par les indicateurs
À ce niveau, l’organisation fonctionne grâce à une gouvernance claire.
Les décisions reposent sur :
- les indicateurs ;
- les tendances ;
- les analyses.
Le dirigeant se concentre principalement sur :
- la stratégie ;
- le développement ;
- les investissements ;
- les talents.
L’opérationnel est largement maîtrisé par les équipes.
Forces
- Forte autonomie.
- Croissance maîtrisée.
- Capacité d’anticipation.
- Pérennité.
Faiblesses
- Nécessité d’entretenir continuellement la culture et les compétences.
Risque principal
Devenir trop éloigné du terrain.
Pourquoi certaines entreprises plafonnent
La plupart des entreprises bloquent entre le niveau 2 et le niveau 3.
Elles disposent :
- de bons collaborateurs ;
- de clients fidèles ;
- d’une activité soutenue.
Mais elles restent dépendantes :
- des habitudes ;
- des personnes clés ;
- du dirigeant.
La croissance continue alors à augmenter la complexité plus vite que l’organisation.
C’est à ce moment que les marges commencent souvent à se dégrader.
Comment identifier votre niveau actuel
Posez-vous simplement cette question :
Si trois personnes clés disparaissaient demain, l’entreprise pourrait-elle continuer à fonctionner ?
Si la réponse est non, l’organisation dépend encore principalement des individus.
Autre question :
Si je m’absente un mois complet, que se passe-t-il ?
La réponse indique souvent immédiatement le niveau réel de maturité de l’entreprise.
Le véritable objectif du dirigeant
Beaucoup pensent que l’objectif est d’avoir plus d’activité.
En réalité, l’enjeu est d’avoir une organisation capable d’absorber cette activité.
La croissance durable n’est pas uniquement une question de vente.
C’est une question de maturité organisationnelle.
Chaque niveau franchi permet :
- davantage de rentabilité ;
- davantage de cash ;
- davantage de sérénité ;
- davantage d’autonomie.
L’idée clé à retenir
Une entreprise du bâtiment ne devient pas performante parce qu’elle travaille davantage.
Elle devient performante parce qu’elle progresse dans sa maturité organisationnelle.
Passer d’une entreprise dépendante d’un dirigeant à une entreprise pilotée par ses processus et ses indicateurs est l’une des transformations les plus rentables qu’un chef d’entreprise puisse réaliser.
Les entreprises qui franchissent ces étapes deviennent plus robustes, plus rentables et beaucoup plus faciles à développer.
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