Pendant longtemps, l’innovation dans le bâtiment s’est concentrée sur :
- les matériaux ;
- les équipements ;
- les machines ;
- les méthodes constructives.
Une nouvelle révolution est désormais en cours.
Elle ne concerne pas les chantiers.
Elle concerne l’information.
Cette révolution s’appelle l’intelligence artificielle.
Et contrairement à ce que beaucoup imaginent, son impact ne concernera pas uniquement les grandes entreprises.
Les PME du bâtiment seront probablement parmi les premières à en tirer des bénéfices concrets.
Une erreur fréquente : croire que l’IA remplace les hommes
Lorsque l’on parle d’intelligence artificielle, les réactions sont souvent les mêmes :
« Les métiers vont disparaître. »
« Les techniciens seront remplacés. »
« Les responsables d’affaires ne serviront plus à rien. »
C’est probablement l’inverse qui va se produire.
L’IA ne remplace pas l’expertise.
Elle amplifie les capacités des experts.
Comme une perceuse n’a jamais remplacé un artisan, l’intelligence artificielle ne remplacera pas un professionnel compétent.
Elle lui permettra d’aller beaucoup plus vite.
Le premier impact : la fin d’une partie des tâches administratives
Aujourd’hui encore, une grande partie du temps est consommée par :
- la rédaction d’emails ;
- les comptes rendus ;
- les synthèses ;
- les recherches documentaires ;
- la préparation de réunions ;
- les relances.
Des activités indispensables mais peu créatrices de valeur.
L’IA permet déjà d’automatiser une partie importante de ces tâches.
Les entreprises qui adopteront ces outils dégageront davantage de temps pour :
- leurs clients ;
- leurs équipes ;
- leur développement ;
- leur rentabilité.
Le deuxième impact : une entreprise qui mémorise enfin son savoir
Dans beaucoup d’entreprises du bâtiment, la connaissance est dispersée :
- dans les emails ;
- dans les dossiers ;
- dans les ordinateurs ;
- dans la tête des collaborateurs.
Le jour où une personne clé quitte l’entreprise, une partie de cette connaissance disparaît.
L’intelligence artificielle permet progressivement de constituer une mémoire collective.
Chaque procédure.
Chaque devis.
Chaque retour d’expérience.
Chaque solution technique.
Peut devenir accessible en quelques secondes.
Le troisième impact : des devis plus rapides et plus fiables
L’une des grandes promesses de l’IA concerne la phase d’étude.
Demain, l’intelligence artificielle pourra assister les équipes pour :
- analyser un CCTP ;
- identifier les points sensibles ;
- proposer une trame de chiffrage ;
- détecter des oublis ;
- rédiger certains documents techniques.
L’objectif n’est pas de supprimer les études.
L’objectif est de permettre aux équipes de concentrer leur expertise sur les décisions à forte valeur ajoutée.
Le quatrième impact : un pilotage plus intelligent
Aujourd’hui, beaucoup de dirigeants disposent de données.
Le problème est qu’ils manquent de temps pour les analyser.
L’IA pourra progressivement :
- identifier les dérives ;
- détecter les retards ;
- signaler les risques ;
- suggérer des priorités.
Le dirigeant ne pilotera plus uniquement avec des tableaux.
Il disposera d’un véritable copilote numérique.
Le cinquième impact : l’émergence d’entreprises de connaissances
Le bâtiment a longtemps été organisé autour :
- des hommes ;
- des équipements ;
- des chantiers.
Demain, les entreprises les plus performantes seront également organisées autour de leur connaissance.
Elles disposeront :
- d’une base documentaire structurée ;
- de procédures accessibles ;
- d’agents IA spécialisés ;
- d’indicateurs en temps réel.
La différence ne se fera plus uniquement sur l’exécution.
Elle se fera également sur la capacité à exploiter l’information.
Les métiers qui vont le plus évoluer
Les responsables d’affaires
Ils consacreront moins de temps à l’administratif.
Plus de temps :
- à la relation client ;
- au pilotage ;
- à l’anticipation.
Les fonctions support
ADV, service client, méthodes ou gestion disposeront d’outils capables d’automatiser une partie importante des tâches répétitives.
Les dirigeants
Ils auront accès à davantage de données mais surtout à davantage d’analyses.
Le défi ne sera plus de trouver l’information.
Il sera de prendre les bonnes décisions.
Les entreprises qui prendront de l’avance
Les gagnants de cette transformation ne seront pas forcément les plus grosses entreprises.
Ce seront les mieux organisées.
Celles qui auront :
- formalisé leurs processus ;
- structuré leurs données ;
- documenté leurs méthodes ;
- développé leur culture digitale.
L’IA amplifie l’organisation existante.
Une organisation performante devient encore plus performante.
Une organisation désorganisée devient plus rapidement dépassée.
Les 3 erreurs à éviter
Attendre trop longtemps
L’IA progresse rapidement.
Les entreprises qui commencent tôt accumulent de l’expérience.
Vouloir tout automatiser
L’objectif n’est pas de remplacer les équipes.
L’objectif est d’augmenter leur efficacité.
Utiliser l’IA sans structurer les données
Une intelligence artificielle est seulement aussi efficace que les informations auxquelles elle a accès.
À quoi ressemblera une entreprise du bâtiment performante en 2030 ?
Elle disposera probablement :
- d’agents IA spécialisés par métier ;
- d’un assistant de chiffrage ;
- d’un assistant ADV ;
- d’un assistant RH ;
- d’un assistant sécurité ;
- d’un assistant pilotage financier.
Le dirigeant pourra interroger son entreprise comme il interroge aujourd’hui un moteur de recherche.
Les réponses seront immédiates.
Les données seront accessibles.
Les décisions seront plus rapides.
L’idée clé à retenir
L’intelligence artificielle ne remplacera pas les entreprises du bâtiment.
Elle remplacera progressivement certaines façons de travailler.
Comme toutes les révolutions technologiques, elle favorisera ceux qui s’adaptent le plus vite.
Dans les prochaines années, l’écart ne se creusera pas entre les entreprises qui utilisent l’IA et celles qui ne l’utilisent pas.
Il se creusera entre celles qui auront structuré leur organisation pour l’exploiter et les autres.
Les gagnants de demain seront ceux qui combineront :
expertise métier + organisation + intelligence artificielle.
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