Dans beaucoup d’entreprises du bâtiment, les dirigeants analysent les devis perdus.
Ils cherchent à comprendre :
- si le prix était trop élevé ;
- si le concurrent était mieux placé ;
- si la solution proposée n’était pas adaptée.
Pourtant, un sujet beaucoup plus coûteux passe souvent sous les radars :
les devis qui ne sont jamais relancés.
Car un devis refusé apporte au moins une information.
Un devis oublié, lui, représente une opportunité perdue sans même avoir été exploitée.
Le faux problème : perdre un devis
Lorsqu’un client refuse une proposition, la situation est claire.
L’entreprise peut :
- comprendre la raison ;
- ajuster son approche ;
- améliorer son offre ;
- analyser son positionnement.
Le refus fait partie du commerce.
Aucune entreprise ne gagne 100 % de ses devis.
Le véritable problème n’est pas là.
Le vrai problème : l’absence de suivi
Dans de nombreuses entreprises du bâtiment, le scénario est toujours le même.
Le devis est envoyé.
Puis :
- le téléphone sonne ;
- un chantier démarre ;
- une urgence apparaît ;
- une réunion s’ajoute.
Quelques semaines plus tard, plus personne ne sait ce qu’est devenu le devis.
Ni le client.
Ni le responsable d’affaires.
Ni le dirigeant.
L’opportunité disparaît simplement du radar.
Pourquoi les clients ne répondent pas spontanément
Beaucoup de dirigeants pensent :
« S’il est intéressé, il reviendra vers nous. »
La réalité est tout autre.
Le client :
- gère ses propres urgences ;
- consulte plusieurs entreprises ;
- reporte sa décision ;
- oublie parfois le sujet.
L’absence de réponse ne signifie pas l’absence d’intérêt.
Elle signifie souvent l’absence de suivi.
Les entreprises qui gagnent le plus ne sont pas toujours celles qui chiffrent le mieux
Souvent, elles sont simplement celles qui relancent le mieux.
Lorsqu’une entreprise rappelle :
- elle montre son professionnalisme ;
- elle répond aux interrogations du client ;
- elle rassure ;
- elle reste présente dans la décision.
Le suivi commercial fait partie intégrante de la vente.
Un devis envoyé n’est pas une vente.
C’est seulement le début du processus commercial.
Le coût caché des devis non relancés
Un devis non relancé représente plusieurs pertes simultanées :
Une perte de chiffre d’affaires
Le travail réalisé pour préparer l’offre ne génère aucun retour.
Une perte de marge potentielle
Certaines affaires auraient pu être gagnées avec quelques échanges complémentaires.
Une perte de visibilité
L’entreprise ne comprend pas pourquoi elle gagne ou perd.
Une perte de temps
Le temps d’étude investi ne produit aucune valeur.
Au fil des mois, ces opportunités oubliées représentent souvent plusieurs centaines de milliers d’euros d’activité potentielle.
Les 5 questions qu’il faut systématiquement poser lors d’une relance
Un bon suivi ne consiste pas à demander :
« Avez-vous reçu notre devis ? »
Le client répondra presque toujours oui.
Une relance efficace cherche à comprendre la situation.
Par exemple :
1. Le projet est-il toujours d’actualité ?
2. Avez-vous besoin d’informations complémentaires ?
3. Une décision est-elle prévue prochainement ?
4. Des ajustements sont-ils nécessaires ?
5. Souhaitez-vous que nous vous accompagnions dans votre réflexion ?
L’objectif est d’ouvrir le dialogue.
Pas simplement de demander une réponse.
Le rôle stratégique du service client
Les entreprises les plus performantes ont compris que la relance ne dépend pas uniquement du responsable d’affaires.
Un processus structuré implique souvent :
- le service client ;
- le commerce ;
- les responsables d’affaires ;
- le pilotage de l’activité.
Lorsqu’aucun acteur n’est clairement responsable du suivi, les devis disparaissent progressivement dans l’organisation.
Ce qui se mesure s’améliore
Très peu d’entreprises suivent réellement :
- le nombre de devis envoyés ;
- le montant proposé ;
- le nombre de relances réalisées ;
- le délai moyen de relance ;
- le taux de transformation.
Pourtant, ces indicateurs permettent souvent de gagner davantage de chiffre d’affaires sans produire un seul devis supplémentaire.
Une question simple pour chaque dirigeant
Que se passerait-il si 100 % des devis émis étaient relancés dans les 7 jours ?
Souvent, l’impact est considérable.
Avant d’investir dans davantage de publicité, davantage de prospection ou davantage de recrutement, il est parfois plus rentable d’exploiter pleinement les opportunités déjà présentes dans le portefeuille.
L’idée clé à retenir
Un devis refusé n’est pas forcément un échec.
C’est une décision connue.
Un devis non relancé est bien plus dangereux.
Car personne ne sait réellement s’il aurait pu être transformé.
Dans le bâtiment, la performance commerciale ne dépend pas uniquement de la qualité du chiffrage.
Elle dépend aussi de la rigueur du suivi.
Les entreprises qui gagnent durablement ne sont pas celles qui envoient le plus de devis.
Ce sont souvent celles qui laissent le moins d’opportunités tomber dans l’oubli.
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